Couvent Général Franciscain de Bruz

Forum RP de l'ordre Franciscain du jeu en ligne RR
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  BibliomélieBibliomélie  

Partagez | 
 

 Livre des Vertus, Tome III, Vie et mort de Nikolo Makiavel.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Pouyss

avatar

Nombre de messages : 487
Age : 36
Date d'inscription : 31/03/2006

MessageSujet: Livre des Vertus, Tome III, Vie et mort de Nikolo Makiavel.   Jeu 11 Mai 2006 - 19:24

Vie et mort de Nikolo Makiavel


Ayant déjeuné de quelques fruits, le jeune Simon rejoignit son maître qui le voyant venir, lui fit signe de s’asseoir à ses côtés.


- Où en étions nous, mon jeune élève ?

- Vous alliez me relater, maître, une édifiante histoire, selon vos propres termes. A dire vrai je ne vois pas ce qu’il pourrait y avoir de plus édifiant que ce que vous m’avez dit tantôt.

- Et pourtant, il y a… Ecoute le récit de la vie et de la mort d’un homme perdu, égaré sur certaines voies dont on ne revient jamais. Entretiens toujours le souvenir de mes propos, mon jeune ami.

L’intelligence des hommes fut donc profondément marquée par le passage sur cette terre de celui que l’on nomme Aristote. Ses écrits furent transmis à la postérité par ses quelques disciples. Une poignée de lettrés purent en faire la lecture et diffusèrent progressivement, sur toute l’étendue du continent, sa remarquable philosophie. Certaines communautés commencèrent dès lors à dispenser ses enseignements dans les écoles et les universités. De nombreux commentaires furent faits de son oeuvre colossale et des temples furent bâtis pour prier Dieu, comme Aristote l’avait demandé.

A Rome même, d’augustes théologiens tels que Cicéro, emprunts de la philosophie du maître grec, vinrent défier les sectes païennes en prêchant la parole divine. La cité éternelle était ainsi devenue le lieu d’affrontement théologique, et même physique, des vertueux croyants et des pécheurs impies. Dans ce contexte, comme tu le sais, Christos vint révéler une seconde fois la parole du Très Haut, complétant ainsi le message d’Aristote en lui donnant une spiritualité jusque là inégalée.

Mais, alors même que les humains avaient besoin, face à la toute puissance de l’erreur païenne, d’une foi vertueuse qui aurait unifier tous ceux qui avaient reçu le message divin dans leur coeur et par leur raison, c’est au IIIe siècle qu’un sombre personnage du nom de Nikolo Malkiavel voua sa vie à vie à combattre la vraie foi. Il niait jusqu’à l’existence même de Christos et, considérant qu’Aristote seul portait le message de la vertu, se mit à pervertir et à dénaturer les enseignements du prophétique philosophe .

Ce florentin se complaisait à contredire l’interprétation dominante qu’on faisait de l’œuvre d’Aristote. Et puis un jour il se dit : « Crénom de nom ! Je vais opérer la sécularisation du politique. ». Il tint ainsi à peu près ce discours aux tenants de la religion Aristotélicienne : « Sombres crétins ! Vous n’avez rien compris à la philosophie d’Aristote à qui vous rendez hommage. Vous avez perverti son discours. Sa science est celle de la cité des hommes. Dieu n’est qu’une pièce rapportée! ». Malkiavel affirmait ainsi que la cité, en tant que lieu d’accomplissement de toutes les valeurs de l’homme, ne tolérait rien qui lui fut extérieur. « La Cité est un tout », disait-il. « La cité est Le Tout. La cité est Dieu, si vous voulez absolument qu’il y en ait un ».

Par là même, ce personnage postulait que la morale chez Aristote n’avait strictement rien à voir avec la religion, mais que puisque la cité, la polis, est l’essence même de l’homme, l’éthique devait être de nature indubitablement politique, c’est à dire envisagée en terme d’utilité sociale. « Le reste n’est que balivernes et croyances de grand-mères », proférait-il. « On n’enseigne pas la vertu en vouant un culte aux morts, en embrassant des icônes, en construisant des églises ou en passant son dimanche à réciter des prières. ».

Malkiavel fut entendu, et parvint à réunir autour de lui une masse très décidée de disciples, qui se firent appeler les « humanistes ». Je peux te citer quelques meneurs : Carolus Marxus, Janus Jacus Roussus. Autant de noms qui sont demeurés tristement célèbres. Leur slogan fut : « La religion, ça craint ». Leur cause était entendue, et ils affirmèrent qu’ils allaient procéder à la renaissance du véritable idéal aristotélicien de la cité. Ils décrétèrent l’inutilité sociale de la religion, et par extension celle du clergé : « La seule religion que nous admettrons est la religion civile, le dévouement à la cause publique ».

Les humanistes glorifièrent l’image antique du héros viril, du soldat de Sparte. Ils nièrent totalement la révélation christologique, qui devait selon eux n’aboutir qu’à l’inévitable affaiblissement du peuple. « Si nous tendons l’autre joue, disaient-ils, ce sera pour mieux placer à notre assaillant un bon coup de pied dans ses valseuses ». Ils méprisaient les valeurs du pardon et de l’amour. Aucun exemple ne méritait qu’on le suive, la vertu n’étant que la conscience de l’intérêt général, et la faculté de faire abstraction du sien propre ainsi que de toute autre considération morale, pour œuvrer exclusivement au bien commun.

C’est ainsi que les humanistes entreprirent de liquider le clergé Aristotélicien. Florence fut le théâtre d’un indicible massacre. Les disciples de Christos furent égorgé au prétexte qu’ils efféminaient le peuple, les autres furent réduits en esclavage pour leur apprendre les rudiments de la vertu, et pour avoir détourné les citoyens de la république en leur infligeant un culte grotesque qu’Aristote n’avait jamais voulu. Tout ceci fut réglé dans un monstrueux bain de sang. Les humanistes passèrent tous, sans exception, au fil de l’épée de la garde pontificale.

Simon fit quelques instant de silence, manifestement bouleversé par cette si terrible histoire.

- Mais maître, que voilà un récit fort triste. Que peut-il y avoir d’édifiant là dedans ? Pourquoi me conter cela ?

- Je t’ai conté cela pour que tu n’oublies jamais ce que je vais te dire maintenant. Mon jeune ami, la révélation divine est une chose si pleine de nuances qu’une vie entière ne peut suffire à prétendre l’étudier dans sa totalité. Aristote lui-même, bien que nous louons tous la qualité de son message, était parfois un peu trop influencé de la culture de la Grèce païenne. Il considérait que la femme était inférieure à l’homme et que le semblable envers qui l’amitié était destiné ne pouvait être extérieur à l’ethnie, ce qui justifiait l’esclavagisme. C’est pour cela que Christos vint compléter son message. Les deux révélations sont donc complémentaires, l’une n’étant pas juste sans l’autre. C’est pour cela que cet ignoble Makiavel, niant l’existence de Christos, est tombé dans l’erreur. Il n’a pas compris qu’Aristote, bien que pratiquant la vertu dans la raison, était avant tout un fidèle du Très Haut et qu’il était impossible de comprendre son message si on en retirait le fondement: Dieu. Alors, mon jeune ami, lorsqu’on te dira que la religion peut se passer de Christos, tu répondras, comme un avertissement, que la cité d’Aristote ne peut se passer de Dieu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Livre des Vertus, Tome III, Vie et mort de Nikolo Makiavel.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Livre des Vertus
» intro + 1.a: le livre des vertus
» Le livre des vertus
» Livre des Vertus
» Résumé du tome I du Livre des Vertus (par Pouyss)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Couvent Général Franciscain de Bruz :: L'enceinte du couvent :: Archives-
Sauter vers: