Couvent Général Franciscain de Bruz

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 Confession interdite d'une maudite

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Nemesis_de_Sade

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MessageSujet: Confession interdite d'une maudite   Sam 21 Jan 2012 - 10:21

Comme après chaque péché commis, l'expiation attendait la jeune damnée.

Lors de son "éducation", les religieux lavaient les péchés subis de l'aveugle à grands coups de flagellations suivi de moult implorations du Très-Haut et de ses Saints. Cette pénitence aurait du courber le dos de la dévot si les bandages autour de son torse ne la compressaient en la tenant droite pour éviter toute grossesse. De ces sévices, Nemesis gardait de longues cicatrices nacrées dans le dos, une poitrine trop maigre et un corps squelettique.

A sa sortie du couvent des Monstres, la jeune fille tentait de se repentir tant bien que mal souillée de la chair à l'âme. Cependant avec toute la ferveur du monde, Candice ne pouvait pardonner les Hommes leurs immondices. Le temps passant, elle remarqua que la souffrance corporelle lui manquait, que la douleur était devenue accoutumance et qu'elle lui était vitale pour sa ferveur envers le Très-Haut. Découverte impie que celle-ci pourtant la non-voyante mettait tout cela sur le dos du Tout-Puissant: une façon d'omettre son vice.

Plus tard, la brunette rencontra une dame du même acabit qu'elle et elles décidèrent de faire de leur damnation une rédemption. Se nommant "Soeurs de supplice", les siamoises erraient dans le royaume en se proclamant "Poupées de Dieu". Leur objectif premier était de se vautrer dans leur addiction pour se sentir vivante mais elles le couvraient bien au chaud sous la compassion. Aux yeux du monde, ce n'étaient que deux fanatiques qui tentaient de porter la douleur du monde pour sauver les pires pécheurs que la terre est portée: en côtoyant ces monstres, la tentation était à portée de mains.

Après avoir céder, elles devaient expier leurs péchés et comme les mauvaises habitudes sont tenaces, c'est à coups de fouets et supplications du Saint-Père qu'elles se lavèrent pour mieux replonger...

Un soir, les damnées venaient encore de s'adonner à leurs penchants immoraux mais trop épuisées de leurs actes, préférèrent remettre leur pénitence à demain. La nuit portant conseille, Candice songea à une autre forme plus pieuse de s'absoudre.

A l'aube du lendemain, l'aveugle était assise dans le confessionnal du couvent franciscain où elle suivait son noviciat. Tremblante de tout son être, sachant qu'il était impossible de laver ces vices et qu'aussitôt partie, elle se vouerait encore et encore à sa dépendance, la jeune fille pesait consciencieusement ses mots pour ne pas finir sur le bûché: triste comble pour celle qui rêvait de devenir Inquisitrice.

La dévot aimait se faire martyr à la gloire du Très-Haut, elle aimait souffrir, c'était sa façon à elle de se rapprocher du Créateur mais le père le comprendrait-il?

De sa voix limpide mais chevrotante, la damnée extirpa de ses lèvres le début de sa mort:


Pardonnez-moi mon Père car j'ai péché...

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Lun 23 Jan 2012 - 17:11

Swishhhh.

Le rideau s'ouvre.

On ne savait jamais où l'acte de confession pouvait mené. Ni pour le confessé, ni pour le confesseur. La peine était parfois plus dure pour ce deuxième...

Mais on ne pouvait jamais savoir, au moment où l'on s'assoyait, et ouvrait l'oreille.


Mon enfant, je vous écoute...

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Lun 23 Jan 2012 - 21:51

Le bruit du rideau fit frémir l'aveugle qui s'interdit de bouger et donc d'affronter ses tentations, ses actes, ses fautes...Sa passion. La tête basse derrière le grillage, Nemesis cherchait chacun de ses mots, pesait chacune de ses syllabes, sachant que la moindre erreur pourrait lui être fatale.

Une soudaine impression de compression dans cet infime espace quand les dires du frère retentirent. L'heure du jugement était-elle là? Non, seul Dieu juge et la dévot était encore belle et bien vivante: Son coeur qui martyrisait son poitrail sous le stress, son sang qui bouillonnait à brûler sa chair et son pouls qui harcelait ses tempes le lui rappelait à cet instant. Se réconfortant plus ou moins dans ses pensées vertueuses, Candice rassemblait tout les débris de sa vie pour les confesser à la voix éprise d'un soupçon de compassion. Après une courte réflexion, la damnée jugea bon d'entamer ses aveux du plus chaste au plus impie. Malgré sa décision, les péchés restaient interdits aux lèvres de la dévot. Un long soupire fendit le silence et une voix chevrotante résonna dans le parloir:


Pardonnez-moi mon Père car j'ai péché. Je n'ai pas réprimandé un couple d'hérétiques alors qu'ils s'amusaient de leurs ébats extra-conjugaux... J'ai simplement prier pour leurs âmes, attendant que naisse la raison en leurs esprits..Ai-je fauté mon Père?

Quelle médiocrité! Voilà que l'aveugle partait du plus bas, tellement bas que la faute aurait pu être pardonnée sans aucune pénitence. Pour ne pas heurter la sensibilité de son interlocuteur, il fallait que la jeune fille procède par étape sinon ses minutes étaient comptées au rythme de sa respiration... Comment allait-elle pouvoir s'en sortir graciée?

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Mar 24 Jan 2012 - 21:59

Le père était en fonction "écoute". La parole de la jeune femme n'était pas légère. Il y aurait du lourd... Puis, les mots s'arrêtèrent. Était-ce tout? Mmm... Difficile à dire, car on ne connait jamais la personne qui est à ces côtés. Surtout dans un confessionnal. Se connait-on déjà jamais soi-même?

Enfin, c'était tout.

Rien de très grave, au yeux du confesseur. Mais si cela l'était au yeux du pécheur, il fallait quand même respecter cela. Après tout, l'affaire était entre le confessé et le Très Haut, plus qu'entre le confessé et le confesseur...


Mon enfant... Nous ne pouvons sauver tout le monde. Bien sûr, il nous faut être attentif à tous. Aider chacun au mieux de nous-même. Mais il faut aussi faire preuve d'humilité, et reconnaître que parfois, nous n'en pouvons rien. Ou encore, qu'aider ne peut qu'accroître le mal qui vielle dans le fond de l'âme d'un être. Alors, mieux vaut laisser ces gens le découvrir par eux-même, de fait.

Je ne sais quelle circonstance ont mené aux actes que vous me parlez. Mais j'ai confiance en votre volonté. En votre intuition. Si vous avez pensé que cela était la chose à faire, pourquoi n'auriez vous eut pas raison?

Faites-vous confiance, mon amie.

Est-ce tout, ou n'avez-vous pas autre chose à me dire?

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Mer 25 Jan 2012 - 15:59

Derrière le grillage, Nemesis souriait. Les paroles étaient réconfortantes et même s'il était impossible de se faire confiance juste pour remercier son interlocuteur de sa compassion, la dévot tenterait...Si bien sûr, elle restait en vie.

La dernière question fit revenir l'aveugle à son but premier: celui de sortir de l'enfer. Sa voix redevint monocorde et sentant le jugement arriver à grand pas, Candice préféra se jeter d'elle-même aux portes du purgatoire plutôt que de languir entre les quatre planches de bois qui tenait le confessionnal. Les yeux fermés à s'en plisser les orbiculaires pour éviter qu'une larme ne s'échappe, la brunette déclara un murmure douloureux:


Non, mon Père...Ce n'était rien... Mon Père, bien que je ne veuille justifier mes actes, j'aimerai vous expliquer le début de cet enfer qui m'a mené à vous ce jour...

Avant même les aveux, la damnée se sentait prisonnière dans son cercueil. Recroquevillée sur elle-même par pur réflexe, Nemesis explorait les abîmes de son coeur, les ouvraient un peu plus pour extirper, de son coeur trop meurtri, ce mal-être qui la ronge, qui la ruine. Toutes les cicatrices de sa chair semblèrent s'enflammer, réduisant à l'état de cendres la marionnette qui rêvait d'être Inquisitrice. La petite voix limpide se décida alors:

Mon Père...Je n'ai pas connu mes parents. J'ai été élevé dans un couvent habité par le Sans-Nom... Les soeurs me traitaient de "Sorcière" et me poussait à la damnation éternelle... Par "La damnation éternelle", l'aveugle entendait le suicide. Candice sentait ses sanglots s'accumuler dans sa gorge mais quitte à mourir noyer ou étouffer, elle continuerait. Puis les hommes sont arrivés...

Ainsi que son éternel blocage pour en parler. La jeune fille avait toujours l'impression que la main glacée qui la bâillonnait lors de ses sévices rôdait toujours derrière elle et qu'au moindre instant où elle voudrait avouer ses humiliations, l'emprise se ferait encore plus forte jusqu'à la tuer. La crainte d'être incomprise ou pire d'entendre dire qu'elle l'avait mérité lui vrilla les tripes la faisant gémir de douleur. Impossible d'en dire plus pour le moment... La damnée se mordait la lèvre pour s'empêcher d'hurler ces souffrances comme souvent l'idée lui venait quand elle se sentait si proche du Tout-Puissant.

Même si ce n'était pas recommandé, Candice glissa une main sur le grillage et tenta de l'agripper. Semblable une main chaleureuse qui pourrait l'aider à surmonter sa déchéance, la brunette cherchait aveuglément un réconfort. En un murmure éperdu, elle répéta:


Pardonnez-moi, mon Père...Je suis damnée.

La dévot sanglotait en silence, ses propres mots venant de la réduire au néant. Si le Père acquiesçait, ça lui serait fatal. La main toujours sur la clôture, Nemesis priait, comme à chaque exaction, suppliait le Très-Haut. Cette fois-ci, ce ne fut pas pour qu'Il l'a sauve, qu'Il l'aide ou qu'Il lui explique. Cette fois-ci, Candice demandait simplement au Créateur que la voix de l'homme la sauve, l'aide et lui apprenne à aimer les Hommes.

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Jeu 26 Jan 2012 - 22:39

Des fois, c'était plus simple que d'autres. Cette fois, par exemple. Les explications étaient inutiles. La seule présence suffisait. Le langage dans le langage; par exemple, ici, en cette confession. Peut importe les mots prononcés, la parole du corps. Non, la parole de l'âme était suffisante. Elle disait tout par elle-même.

Cette femme était telle venue pour damner le couvent franciscain?

Elle transportait en elle, elle était le résulta de la bêtise humaine. Son récit, le récit de son histoire, sans même qu'elle n'eut besoin de le réciter mot à mot, était limpide. Elle était littéralement l'incarnation de ce que l'homme pouvait faire à l'homme. Elle était le résultat de millénaire de stupidité. La conséquence de l'incivilité. Celle du Sans Nom.

En était-elle la marque, du coup? Avait-il gagné sur elle? L'avait-il emporté dans son camp, et était-elle ici pour répendre son oeuvre?

Allait-elle entrainer Bruz en son sillon? Était-il trop tard?

Ou alors Bruz était-il la fin de son calvaire, plutôt?

Qu'elle entre en ces murs lui permettait-il d'enfin trouver un refuge, de mettre un point à cette phrase ininterrompue qu'avait été sa vie jusqu'à ce jour?

Il était trop tôt pour en arriver à telle conclusion. Mais le confesseur sentait qu'un tournant pouvait s'effectuer. Le reste du chemin n'était pas encore tracé.


Oui... Vous avez raison. Et je peux comprendre que vous avez été identifié pour ce que vous êtes. Celle qui ne voit pas.

La marque du Sans Nom est de ne voir qu'au bout de son nez. Pas plus loin. Elle en était la victime. Totale.

Ainsi sommes-nous fait, les hommes. Tentés par la facilité. Et, lorsque devant nous se dressent des êtres qui méritent notre attention, nous sommes souvent appelés à nous en distraire.

Comment se fait-il que vous ayez trouver la force de marcher jusqu'à nous?

De résister à tout cela, et de gravir cette escalier, qui vous permet de demander repentance, malgré tout ce que vous avez vécu?


Il n'était pas difficile d'imaginer la vie de cet être. Qui plus est, dans un milieu de religieux dogmatiques. Comme un trop grand nombre de ces collègue. Gloire au Tràs Haut de l'avoir mené en ces murs. Qui sait le sort de cette pécheresse si elle avait atterri ailleurs?

Oui, vous avez raison. Nous sommes damnés. Nous, les hommes, nous les femmes sur cette terre. Et grâce à vous, peut-être un jour seront nous sauver. Vous êtes exemplaire. Vous m'avez permis de voir l'invisible. Merci.

Mon enfant, puis-je vous demander une chose?

Pourrions-nous échanger de place, un instant? Je dois me confesser à vous. Au nom de tous les hommes de la terre. Car nous avons péché. Énormément. Acceptez-vous ma confession, au nom de tous ces malheureux?


La vision n'était pas une sens donné par l'oeil. Seul le coeur la permettait. Et le courage de cette femme venait de le faire comprendre à Savoie. Allait-elle comprendre ces excuses, au nom de tous ces pécheurs, sachant fort bien qu'ils étaient de toute manière pour recommencer leur péché d'ignorance le lendemain même? Jamais rien, tant que l'homme sera homme, ne pourra arrêter le calvaire de cette malheureuse. Sauf peut-être un peu de bonté et de compréhension, de fois en fois. De la compassion? Non. De la reconnaissance. Pour ce qu'elle représentait. Le courage. Puisse-t-il lui en donner un peu, au moins, car c'est ce que cette confession demandait, en fait...

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Ven 27 Jan 2012 - 16:32

Nemesis sanglotait toujours silencieusement entre ses quatre planches de bois. La première phrase du père aurait pu être salvatrice si il ne l'avait pas terminé. Un long frisson parcouru l'échine courbée de l'aveugle, glaçant chaque parcelle de chair de son corps jusqu'à stopper ses larmes. Le palpitant tambourinait d'arrache-pied comme si il voulait s'enfuir de cette carcasse souillée ou pire si il voulait s'épuiser à la tâche pour emmener corps et âme avec lui, bien plus haut que le siège de bois. Tout doucement, la jeune fille retira sa main tremblante du grillage et finit par demander ce qui l'avait mis dans cet état:

Comment savez-vous que je suis aveugle, mon père?

A moins de connaitre la personne ou de l'observer, le confesseur ne pouvait pas savoir qui demandait pardon derrière le rideau. Candice attendit patiemment que la voix reprenne pour juger de sa connaissance ou non. Si c'était le cas, si la dévot le reconnaissait, elle fuirait à grands pas, loin de ses oreilles, loin de ses conseils...

Car, inconsciemment, la dévot s'était mise en tête qu'elle en parlait non pas à un homme et encore moins à une connaissance mais plutôt au Très-Haut lui-même. Erreur que beaucoup de pécheurs faisaient mais qui apportait beaucoup de courage et de réconfort à celui qui avait besoin d'avouer ces vices, de s'assumer.

La voix masculine reprit sur une maxime trop connu au goût de la dévot "Nous naissons pécheur, nous sommes faibles et la tentation nous guette bien plus que l'expiation". Souvent la pécheresse ruminait la phrase: "Tout homme a voulu faire le bien avant de succomber au mal", cherchant désespérément la cause de cette tentation. Pour l'heure, la brunette n'avait rien à ajouter à cette conclusion. Elle était vraie et trop présente dans la vie de la damnée, pas besoin d'enfoncer le clou davantage.


Citation :
Comment se fait-il que vous ayez trouver la force de marcher jusqu'à nous?

La force de marcher jusqu'au couvent? Cette force résidait en son nom: Nemesis ou Le Don de ce qui est Dû. Sa force: La Vengeance! Se venger des Hommes qui l'ont détruite et remercier le Très-Haut de lui donner le courage de persévérer même anéantie.

Puisque nous en étions aux confessions, Nemesis avoua d'une voix morte comme quand elle récitait les litanies au couvent du Sans-Nom:


Mon Père, si je hais les Hommes, j'adule Notre Père. Si Il m'a guidé en ce lieu, c'est pour Le servir et Le remercier de me tenir droite en vie chaque jour qu'Il crée. Il me donne la force de vouloir vivre et... Une courte hésitation se fit sentir car ses prochaines paroles pourraient noyer son but ultime. Tant pis, l'aveugle avait déjà trop parlé. Si j'ai souhaité entrer au couvent, c'est pour servir le Très-Haut car je lui dois Tout.

Son dernier mot était plus insistant que la phrase car dans ce "Tout", il y avait la souffrance, l'humiliation, le doute, la haine mais aussi la persévérance, l'espoir et l'amour.

Ma première force est l'Amour que je voue au Créateur. La seconde est la Haine que je voue aux Hommes. Je veux pouvoir pardonner à ceux qui ne m'ont rien fait puisque je ne puis punir ceux qui m'ont blessé. Éclairer les aveugles, qu'ont créés la vie et les Hommes, sur la bonté du Tout-Puissant. Voilà pourquoi je m'en suis voulue de ne pas avoir agi devant ce couple d'hérétiques. Je veux redorer l'Image de Notre Père comme il se doit aux yeux de sa Création et améliorer celle de ses Enfants à ses yeux. Je veux que le Très-Haut soit fière de mes actes et qu'Il m'accepte auprès de lui même si mon âme est souillée sans mon consentement. Si la suite de mon existence m'a jeté dans certains péchés, le début de cette damnation, je ne l'ai jamais souhaité. Si je suis près de vous en ce jour, mon Père. C'est pour pouvoir me construire et vous aimer. Comprenez-vous ma venue, mon Père?

Nemesis avait tant à dire mais tout lui rappelait ses supplices. Pour ne pas rester muette, la dévot tournait autour du pot, espérant que malgré tout le confesseur comprenne ses actes. Par "vous aimer", la jeune fille englobait le genre humain qui ne l'avait pas torturé car malheureusement, Candice avait fait une généralité des Hommes et tous devenaient des Monstres comme les religieux du Sans-Nom. Consciente de son erreur grâce aux discussions avec frère Lohengrin, il fallait maintenant y remédier au plus vite. Ce que l'aveugle tentait de faire dès à présent. La damnée poursuivit:

La force qui me permet de résister chaque jour, d'affronter mes peurs et mes hontes n'est autre que Dieu. Il était présent lors de mes...déboirs. Voilà, un mot bien faible à son interminable calvaire mais un mot plus dur ou plus proche de la vérité restait interdit sur ses lèvres écorchées de l'humiliée. Pour la force qu'Il m'a donné pour m'en relever et poursuivre mon existence, je lui dois Tout. Je vouerai la vie qu'Il m'offre à la merci de sa Gloire. Comprenez-vous cette force, mon Père?

L'aveugle terminait toujours par la même question car elle savait que si elle n'était pas comprise, elle deviendrait alors folle aux yeux des gens: Dans ce monde, l'incompréhension étant synonyme de folie. Candice ne voulait pas que le confesseur se méprenne. Il fallait qu'il comprenne tout au tout pour pouvoir la guider vers la juste voie de l'expiation. N'oublions pas que si la brunette était là en ce jour, s'était pour se faire pardonner aux yeux de Dieu, les tentations impies qu'elle avait enchaînées. La flagellation avait tant marquer son dos sans pour autant apaiser ses maux. La parole pourrait surement lui rendre son auréole -si un jour, elle en eut une-.

Le confesseur la remercia ce qui surprit grandement l'aveugle: "Grâce à vous","Exemplaire","Voir l'invisible" et "Merci". Non, la pécheresse savait que ces mots ne lui étaient destinés. Ils étaient trop doux pour que la souillée les accepte. A force d'entendre les même choses, on finit par les croire même elles sont fausses. Nemesis, quant à elle, se percevait donc comme misérable et damnée, simple sorcière.

Mais la surprise ne s'arrêta pas là. Voilà que le Père voulait se confesser à son tour aux oreilles de la pécheresse. Même si la jeune fille n'avait aucune idée de l'aveu, les paroles l'émurent beaucoup jusqu'à faire scintiller dans son regard de mort, un infime espoir de vie: une larme. De sa voix hésitante, Nemesis déclara doucement avec une pointe de compassion comme il avait su faire pour la mettre en confiance:


Mon père, je vous écoute...

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Mer 1 Fév 2012 - 23:41

Jamais Savoie n'avait-il retourné une situation de telle manière. Du confesseur au confessé.

Ces voeux, son rôle de prêtre, de confesseur, étaient pour lui la chose la plus importante. Elles étaient sa vie. Il s'était dédié à cela. La confesse était pour lui particulièrement sacrée; il avait pour mentor le Père Girtan, à ce sujet, et cet acte de la confesse, était pour lui, à chaque occasion, une façon de communier avec ce grand maitre.

Pourtant, cette fois, c'était différent. À entendre la confessée, plein de choses remuaient en lui. Il était neutre, confesseur, Gardien de cet ordre. Mais avant tout, il était sa simple et unique personne. Et dans cet état, il n'était pas neutre du tout. Cette jeune femme lui avait fait brisé sa neutralité. Et il se devait toute l'honnêteté du monde afin de tenir son serment de confesseur à bout. Il devait le lui dire. Se confesser.

Le couvent était petit. Il avait entendu parlé de cette novice. L'aveugle. Il était tombé dans le piège. Aujourd'hui, il comprenait lequel. Il se devait de le lui expliquer. Sans quoi, il ne pouvait jouer le rôle du confesseur dans la mesure où il le devait.

Elle lui en faisait perdre tout légitimité. A moins qu'elle n'accepte de la lui redonner.


Citation :
je vous écoute...

Vous m'apprenez une grande chose. Et je dois m'en confesser.

Car je comprends que je ne suis rien devant vous.

J'étais Cardinal de notre Sainte et Belle Église pourtant je me rends compte que je ne savais écouter. Je n'avais pas la profondeur que vous pouvez avoir.

J'ai connu l'amour éternel, ai fondé une famille, avant de joindre les ordres, et pourtant, je me rends compte que je ne savais aimer. Car je n'avais pas la profondeur que vous m'apportez.

J'ai eu une vie simple, une vie remplie, et pourtant, je me rends compte que je n'ai su en profiter. Car je n'avais pas la profondeur pour le savoir.

Vous m'avez, ma dame, par votre confession, éclairé.

Vous m'avez, par votre présence, indiqué comment cela, et surtout, pourquoi cela.


Il marque une pause. Tout cela était intérieur. Mais il fallait lui expliquer; Extérioriser.

Je pourrais vous faire la confession de tous les hommes. Vous confesser leurs faiblesses, leur péchés, ceux qu'ils ont, qu'ils ont pu avoir, qu'ils ont pu vous faire subir. Vous n'avez pas à me faire un grand dessin. Je devine ce que vous avez pu subir, dans votre vie. Je vous entendrai, si vous en avez le besoin, à titre de confesseur. Car tout et chacun à le droit de se libérer de tout ce qu'il à a libérer. Mais à titre d'homme, il me faut vous préciser ces choses d'abord. Afin de pouvoir continuer à vous entendre. Correctement. Justement.

Je pourrais vous faire la confession de tous les hommes.

Mais je n'en ai ni la responsabilité, et vous ne sauriez accepter que je joue tel rôle; votre chemin de repentance est plus grand encore que ce que je puis vous offrir, comme confesseur. Je me dois donc toute l'honnêteté du monde pour espérer être à la hauteur de votre confession; vous êtes trop grande pour qu'un homme aussi simple, sans ces précisions, puisse, ait le droit, de vous écouter en confession.

Je fut un grand homme de notre église, grand aux yeux des hommes car l'on m'a confié de grandes responsabilités devant le Très Haut.

Cependant, en ce jour, c'est vous, jeune dame, qui avez grandement vécue. A qui l'on a fait vivre tout, et qui m'ouvrez les yeux. Qui me dit que tout ce que j'ai vu jusqu'à ce jour, je ne puis le voir, le palper, le sentir, que si j'ai la force et la sagesse de les fermer, ces yeux qui sont miens, sur lesquels je m'appuie, alors qu'ils ne servent, en fait, à rien.

J'en prend à preuve votre sagesse qui m'indique que rien ne sert de regarder si l'on a appris à voir.

Vous, qui ne pouvez voir, mais qui, au fond, voit les choses terriblement bien. C'est d'un don que le Très Haut vous a fait cadeau. Et vous êtes venu me le partagez, en ce jour.

Je vous confesse ma faiblesse, pas celle de tous les hommes, mais ma pauvre et petite faiblesse à moi même, seul,

qui m'a fait dire "aidons cet enfant car elle en à besoin".

Non. Vous étiez destinée à venir à nous car nous avions besoin de vous.


Il s'approchait du but. Il arrivait à dire ce qu'il devait dire.

Jamais je n'aurais eu votre force, quand bien même mon amour pour le Très Haut.

Jamais je n'aurais eu votre force, quand bien même je l'aurai souhaité.

Jamais je n'aurai compris ces choses sans vous avoir entendu.

Grâce à vous, j'ai aujourd'hui une idée de ce qu'est le Sans Nom. La Bête. La vraie. Votre vie fut son épreuve ultime. Pourtant vous êtes là. Grâce à vous, j'ai aujourd'hui idée qu'il est possible de la vaincre. Car je vous vois. Vous la combattez. Vous la surmonter. Malgré toutes les raisons du monde que vous auriez pour vous y abandonner.

Et vous acceptez de me partagez votre don.

Malgré que j'aille péché par ce même mal qui vous a fait tant souffrir: le premier regard, la première impression.

Vous m'apporter une si grande sagesse que je ne puis supporter mon rôle de confesseur sans vous avouer ma méprise.

Quand bien même, vous me partagez votre don.

Acceptez, je vous pris, de voir en vous ma salvatrice, acceptez cette reconnaissance, et seulement alors je pourrai continuer de vous écouter.

Je vous confesse ma faiblesse, à vous de m'indiquer comment je pourrais me repentir de l'avoir traîné si longuement, sans m'en être aperçu.

Ainsi, seulement, puis-je espérer être au moins capable de vous entendre. J'espère, ensuite, de réussir à vous écouter. Enfin, peut-être alors là seulement, de remplir mon rôle et de réussir à vous partager, à mon tour, la clairvoyance que vous me demandez d'avoir envers vous en venant me demander votre confession.


Avait-il besoin de donner les raison de ce cogito? Les détails du comment et du pourquoi? Lui raconter ces épreuves, son impossibilité à les comprendre, jusqu'à ce jour? Non, il ne le pensait pas. L'âme humaine savait que l'important ne naissait pas dans le détail. Mais plutôt dans les conséquence de ceux-ci. Et l'âme humaine respectait l'âme humaine. Du moment où elle arrivait à la percevoir...

Et Savoie, en ce jour, c'était rapproché de la capacité de réussir à faire cela. Grâce à elle. Il ne pouvait le lui cacher, avant de faire ce qu'elle lui demandait de faire: aller au fond de la sienne...

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Ven 3 Fév 2012 - 21:30

Assise entre ses quatre planches de bois, les mains chastement posées sur sa houppelande immaculée, Nemesis, les azurs vitreux fixant le rideau qui la séparait du regard des Hommes, écoutait silencieusement les aveux.

La deuxième phrase coupa la respiration de la dévote tant par la surprise que par le mensonge? Car, oui, le confesseur avait du mal à croire ce genre de paroles à son égard. Le simple fait de la mettre sur un piédestal, voilà que la brunette perdait l'équilibre pour se vautrer encore plus misérable qu'au départ: piètre confiance en soi voire inexistante! D'autant plus que la damnée écoutait un Cardinal, bon Dieu que cet homme était humble... La jeune fille garda cette réflexion dans un coin et se promit de le complimenter pour sa modestie.

Le père expliquait la "monotonie" de sa vie et Candice se mordit la lèvre, ne se sentant pas à sa place. Inconsciemment, la brunette se courba, rongée par le remord, honteuse de son être. Comme préméditée, la chute fut vertigineuse et les tripes de l'aveugle se nouèrent au choc. Des nausées? Envide de vomir? Non, juste envie de rétablir la vérité. Les lèvres entrouvertes, la novice aurait voulu le stopper mais même son souffle eut du mal à s'échapper.

Le frère disait ne pas avoir de profondeur? De quoi parlait-il réellement? Ce n'était pas sa cécité qui la rendait plus sensible au caractère humain. C'était simplement son triste passé que n'importe quelle fille aurait pu subir en tombant à sa place. Une petite voix résonne dans sa tête: "Tu mens et tu le sais...Dieu t'a faite comme cela pour le servir...". Les mâchoires crispées, la non-voyante intime à son sylphe de se taire tandis que l'homme poursuit...

Le pécheur semble vouloir se racheter ou plutôt racheter les siens. Il aimerait excuser les Monstres, alléger leurs fautes mais il est conscient que l'élève ne pourra jamais accepter. Qu'il tente de demander pardon, le Très-Haut jugera d'eux, pas elle.

Il devine. Crispation. Le religieux devine ses sévices. Humiliation. Toujours muette, Nemesis baisse la tête et s'ordonne, en plantant ses ongles sur ses cuisses, de l'écouter. Le désir de lui demander ce qu'il devine. Le désir de rectifier ses dires. Le désir de ne pas vouloir le blesser. Le désir de vouloir lui pardonner. Acceptation silencieuse.

Son interlocuteur est bon et la dévote le sait. Dans le fond, il semblait comme elle. Un passionné qui veut porter les maux des Hommes dans le seul but de les guérir. Un altruiste, spécimen rare et si précieux dans ce bas monde. Un philanthrope excusant le genre humain. En vérité, ils étaient incomparables. Mais avec un peu de temps peut-être chacun pouvait déteindre sur l'autre, lui apportant ce qu'il a de plus beau à offrir. La jeune fille frémit à l'idée d'être bienveillante, à la simple pensée d'être soignée.

L'humble reprend son discours mielleux, Candice est de plus en plus mal à l'aise. Grandement vécue? Horriblement souffert, oui...

Envie de le couper net: Je ne suis pas parfaite! Le père est paradoxal tout de même, il semble lire en elle comme dans un livre ouvert et pourtant il a toujours le don pour la gêner: Est-ce fait exprès? S'en rend t-il compte?

Le pécheur pèse ses mots et le "Tout" est lourd de conséquences. Il ne devine pas, il comprend. Ame dévoilée, l'aveugle se tasse sur elle-même pour disparaître, confuse. Les compliments fusaient et à mesure de leur débit, la novice se sentit penaude: Quand allait-il arrêter de se moquer?!

Vaincre? Combattre? Nemesis s'empêche un rire nerveux. Diable que c'est un homme est naïf...Vivement que la Vérité éclate, la dévote aurait presque pitié de cet esprit candide.

Le flot de paroles poursuit, la damnée blêmit, prise de court à la demande. Le mot "salvatrice" est imposant, lourd de sens à ses oreilles mais le savait-il?

Tout à coup, elle se sent horrible, sa sylphide tourbillonne en son corps décharné. La petite voix revient: "Pourquoi es-tu si méchante avec cet homme? Il...Tu...". Les larmes retracent les traits désabusés de son visage de poupée, creusant des sillons amers, l'enlaidissant autant que son âme au moment des faits.

Un court instant s'écoula entre la requête et la réponse. Pourtant ce fut une véritable torture pour la damnée. Que pouvait-elle répondre à cela? Il avait ouvert son coeur, sans doute attendait-il la réciprocité du geste... Le confesseur ravala ses sanglots pour accuser son rôle:


Hum...Tout d'abord, mon père, j'aimerai vous remercier de votre sincérité...

Dieu que les mots brûlent les lèvres! La novice prend une bonne inspiration et reprend:

Vous êtes d'une bonté d'âme sans égale et si la jalousie n'était pas un péché, je vous envierai votre humilité. De par votre statut, vous portez les maux des pécheurs, tâche ardue que le bon Dieu vous remerciera. Je le sais non parce que ce que je le sens mais parce que je le vis en échangeant les rôles. Il m'est dur de vous entendre...

L'aveugle se tut un petit moment, assaillie de questions en tout genre. L'envie de le découvrir, de le connaitre. L'envie de l'estimer à sa juste valeur, de l'aimer. L'envie de lui pardonner. Secouant légèrement la tête pour chasser ses idées, elle continua:

Vous vous méprenez sur mon cas. Si je suis venue me confesser, c'est que j'ai péché. c'est pourquoi j'accepterai l'image que vous me donnez quand vous saurez la vérité...Reprenons chacun nos places, voulez-vous. Ecoutez-moi à titre de confesseur et ne jugez pas en tant qu'homme. Je confesse à Dieu et non, l'Homme. Je vous prie d'en tenir rigueur, mon père.

La non-voyante insiste bien sur le fait de faire la part des choses car elle connait ses maux. L'image qui lui accorde est erronée. Elle pourrait se complaire dans cette illusion mais au fond, jamais elle ne guérirait ainsi.

Vous disiez donc deviner mon passé mais laissez-moi vous éclairer encore un peu plus à ce sujet....Vous comprendrez mieux le dénouement ensuite. Bien...

L'heure est arrivée: Damnation éternelle ou Repentance immortelle? Fouille obligatoire dans les tréfonds de son coeur meurtri, inflammation des plaies corporelles et surtout une bonne prière pour que le Tout-Puissant bloque la main glacée qui l'étouffe depuis tant d'années.

Je n'ai pas connu mes parents, ceux-ci m'ayant laissé dans un couvent. Ma cécité provoquait la haine ou la dégoût des religieuses. Peut-être leur incompréhension?

La jeune fille laissa en suspend l'interrogation pour que le frère puisse faire son propre choix.

Toute fois, je fus traitée comme une fille du Sans-Nom. Les soeurs me le remémoraient à chaque respiration et cela jusqu'à mon dernier souffle... Elles voulaient absolument ma mort et me poussaient à...Commettre la damnation éternelle. Les sévices étaient fréquents et variés mais grâce à Notre Père, j'ai pu résister... La chair, le sang, l'eau et le feu étaient coutumes pour me laver de mon "péché" naturel.

Tout d'abord, j'étais punie par le feu...Puis par la chair...Purifier à l'eau et au sang.


Les mains sur les braises, la cire brûlante des cierges sur le corps, les viols répétés, les flagellations et les ablutions à l'eau bénite. Candice se retint de préciser que l'eau brûle bien plus que le feu car cela aurait sans doute été de trop.

Alors que mon corps flanchait sous la main des Hommes. Jamais, Ô grand jamais! Mon esprit ne fut souillé. Le Tout-Puissant veille sur moi et mon âme est sa maison. Son Amour fut ma force, mon espérance en attendant la délivrance. Je n'ai cessé de le louer, de le remercier et je le ferai jusqu'à mon dernier soupir. Comprenez-vous mon père? L'amour entre le Très-Haut et ses enfants est infaillible. Même le Sans-Nom ne peut s'immiscer dans cette relation indestructible...Pourtant...

Tout doucement, la voix s'affaiblit pour devenir monocorde, détachée de tout sentiment. Carapace contre la souvenance et la vérité.

Pourtant, quand je suis partie du couvent, j'ai trouvé refuge à Polignac, une petite ville du Bourbonnais-Auvergne. Un homme bon et généreux tenta de modifier ma vision de l'Homme, que je considérais jusque là comme un monstre. Mon premier aveu, mon père, est d'avoir cru en lui pour...m'offrir avant le mariage.

Candice se souvint de cet instant où pour la première fois elle n'eut pas mal. La première fois qu'aucune main ne la bâillonna. La première fois...presque consentie. Mais elle se souvint aussi de la suite et de son châtiment pour cet écart immoral ce qu'elle n'oublia pas de préciser:

Mais cela ne fut qu'une fois et j'ai fait pénitence. j'ai jeûner trois jours, purifier mon corps, prier le Tout-Puissant et user d'un nerf de boeuf.

Ensuite le temps s'écoula dans une piété quasi parfaite. J'ai passé ma pastorale, j'allais à tous les offices et en prêchant la bonne parole comme à mon habitude, j'avais pu rallier quelques fidèles de plus à l'église. Hélas, un mal indéfinissable s'empara de mon âme... Je me sentais mourir un petit feu sans comprendre ce qu'il m'arrivait. la vie semblait tout simplement trop parfaite...


La damnée soupira de sa conclusion. N'ayant connu que le malheur, le bonheur l'effrayait. La novice ne voulait pas être heureuse...La voix devient alors un murmure et l'aveugle se plaque délicatement contre le grillage pour souffler:

La douleur me manquait, mon père... Petit à petit, les Monstres m'ont accoutumés à la souffrance physique et j'en suis devenue dépendante... Je crois que, la chair à vif, je communique mieux avec Notre Seigneur. J'ai l'impression qu'Il m'entend et m'écoute bien plus lorsque je pleure à terre plutôt que je le loue sur un prie-Dieu... Une petite mort pour une grande renaissance. Comprenez-vous mon père?

Le mal est sorti ou une grosse partie s'était dissipée. Le simple fait de l'avouer, la dévote se sentait déjà plus légère, ce qui l'incitait à poursuivre:

J'ai rencontré deux personnes qui partagent la même addiction, mon père. L'une est mon paradis, ma délivrance et ma purification, l'autre est mon enfer, mon accoutumance et ma perdition. C'est entre ses deux extrêmes que je me sens enfant de Dieu. Pardonnez-moi ce blasphème mais je me plie à la volonté de Notre Seigneur qui m'a faite martyr. Depuis mon enfance, je porte la haine des Hommes, je suis leur pantin...Depuis toujours, je prêche la parole de Dieu, je suis sa poupée. Il m'a créé ainsi et pourtant, en étudiant le Livre des Vertus, j'ai l'impression qu'il m'a faite à l'exact opposé des Saintes-Ecritures. Pèche-je donc?

Je vous le confesse mon père, la douleur m'est maintenant une addiction dont je ne puis me passer mais cela ne devrait pas être une faute puisque je suis comme le Créateur a voulu que je sois...Comprenez-vous mon désarroi?


La damnée se pinça les lèvres, troublée. Elevée dans la terreur, c'est ainsi qu'elle communiait avec le Très-Haut. Se pliant sous la luxure et la violence sans n'éprouver aucun plaisir autre que celui que pourrait infliger la soumission, elle pensait rendre grâce à son Sauveur qui l'avait habitué à cette posture. Une dépendance dont Nemesis ne pouvait et ne voulait se défaire.

La future Inquisitrice aimait jouer avec le jeu, brûlait d'envie de se consumer sous les doigts des Hommes pour finir en cendres balayées par le souffle Divin. Rejoindre les cieux en temps que suppliciée: la seule manière de redorer son image de dévote souillée aux yeux du Saint-Père pour gagner sa place auprès de lui. Une dernière précision s'échappa de la bouche impie avant de mourir sous la sentence:


Je souffre sous les mains des pécheurs pour les ramener dans le droit chemin. Je ne fréquente que les damnés, les pires âmes que le Sans-Nom s'ait accaparé, pour leur insuffler la bonne parole..

L'aveugle se détacha du grillage et reprit sa voix douce et limpide:

Alors mon père...Suis-je toujours votre salvatrice? Ou resterai-je damnée? Les maux de ce monde pour les mots du Tout-Puissant...Ai-je péché mon père en voulant accomplir le destin que Dieu m'a promis?

Son coeur bat maintenant dans ses tempes mais la jeune fille maitrise sa respiration...Le calme avant la tempête..?

La pécheresse regrettait amèrement de s'être confiée à cet homme en particulier. Il lui avait fait part de ses pensées et voilà qu'elle ruinait tout avec ses vices. Elle espérait vivement qu'il ne l'écoute qu'avec sons statut de confesseur et non celui d'humain avec un coeur.

Dans le fond de ses dires, elle se sentait belle. Les paroles du religieux lui mettaient du baume coeur. Prête au pardon, au renouveau, Candice aurait pu changer pour que tout cela devienne réel. Pourtant pour l'amour du Très-Haut, elle brisa son réconfort doucereux pour une vérité impie: Que Dieu lui pardonne si les Hommes la juge...Que Dieu l'aime si les Hommes l'haïsse...

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Lun 20 Fév 2012 - 11:47

Il l'avait senti, cette confession ne serait pas des plus simple. Mais quand même, il ne s'attendait pas à tout cela. La pauvre. Victime. Martyr, presque.

Mais il ne fallait pas lui en vouloir. Ni l'apitoyer. C'était d'aide, dont elle avait besoin. Et de piété.

Cela, Savoie pouvait lui offrir. Et cela éviter de tomber dans la condescendance... Ce qu'il fallait à tout prix éviter. L'enfant avait suffisamment souffert déjà.


Citation :
j'ai l'impression qu'il m'a faite à l'exact opposé des Saintes-Ecritures
Citation :
la douleur m'est maintenant une addiction à laquelle je ne puis me passer
Citation :
Je souffre sous les mains des pécheurs pour les ramener dans le droit chemin. Je ne fréquente que les damnés, les pires âmes que le Sans-Nom s'ait accaparé

Comment faisait-elle? Ou trouvait-elle cette force? Était-éllé martyr, ou simplement masochiste? Victime. Savoie campait sur son idée. Elle n'avait connu qu'une chose. Elle ne pouvait vivre sans.

Tout cela se tenait, en fait. Les chemins du créateurs étaient bien nébuleux, parfois... Et d'autres fois encore, encore plus nébuleux... Cette dame avait d'abord besoin de retrouver le beau et le bon dans le monde. Ensuite, peut-être, sa douleur pourrait-elle s'enfuir de ces pensées. Encore que... La somme était bien grande pour réussir à y insuffler suffisamment de différence, et d'arriver à un compte positif...

Mais tel n'était pas la demande de Candice, en ce jour.

Péchait-elle?

Oui! Absolument! Se faire martyr, mal, se mutiler, se n'était pas la volonté du Très Haut! La vie, tel était-elle! Et se faire du mal allait à l'encontre de cette valeur!

Mais encore, péchait-elle?

La flagellation, ou peu importe comme elle s'infligeait cette douleur, était-elle un péché, en soi? C'était, pour elle rédemption... Était-ce proscrit, même, quelque part, dans le dogme?

Était-ce par ignorance que Savoie ne pouvait répondre à la question?

Péchait-elle?

Savoie ne pouvait répondre, en fait.


Citation :
Ai-je péché mon père en voulant accomplir le destin que Dieu m'a promis?

Vous n'aimerez pas ma réponse.

Vous qui êtes venu en ce lieu pour en trouvez, je ne puis vous en donner.

Est-ce ainsi que le Très Haut vous a fait? Est-ce pour vous donner la force de vous infliger ce mal? Il faudrait d'abord s'assurer que cela est bien ce qu'il à désiré. Et nous ne pouvons le lui demander.

Je ne sais s'il est proscrit de vous infliger ce mal.

Vous avez autant le libre arbitre que moi.

Si vous pensez que c'est la façon, je ne puis juger. Je puis tenter de vous convaincre d'arrêter cela, mais ce n'est pas le sujet.

Je ne veux vous changer. Si j'ai un souhait, c'est vous amener à vous faire voir les choses sous un autre angle. Celui de la contemplation. Du beau. De ce que je défini comme beau.

Mais avez-vous péché? Je ne puis le savoir.

Car il n'est dit nulle part -à ma connaissance- que votre comportement soit contre les Volonté du Très Haut.

Je pense -tout personnellement- que cela soit contre nature. Car la nature vit, grandi, s'améliore. Et vos...


Il cherchait ces mots. Il ne voulait pas juger. Il n'avait pas le droit.

pratiques me semblent plutôt aller dans le sens de la destruction, de la mort, etc.

Mais je puis en comprendre la source.

Est-ce que vous pécher? Si vous venez le demander à un confesseur, c'est peut-être parce qu'au final, vous le pensez. Et alors, il devient mon rôle de vous aider à faire repentance.

Alors voici ce que je vous dirai:

Vous me demandez s'il est contre notre église de faire ce que vous faites. Je vous répondrai ainsi: si vous pensez que ce l'est, alors il faut arrêter. Maintenant, si n'est pas si simple. Je vous imposerai donc, à chaque fois que l'envie, ou le besoin vous prendra, de quérir un lecteur, afin qu'il vous impose la lecture d'un texte aristotélicien.

Puisse la fréquentation des textes deviennent la salvation à la douleur que vous éprouvez. Puisse la connaissance, et surtout, l'approfondissement de celle-ci, soit votre expiation de tout ce que vous contenez en vous.

Si vous réussissez cela, oui, mon enfant, vous serez toujours ma salvatrice. Une damnée? Les deux peuvent-ils aller de pair? Mais bon, il s'agit là de rhétorique. Occupons-nous de votre âme, et de votre conscience, dans un premier temps...


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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Mar 21 Fév 2012 - 14:09

Citation :
Vous n'aimerez pas ma réponse.

En effet, Nemesis détesta l'explication du père. Le confesseur n'avait rien à répondre alors l'homme s'en était mêlé, il glanait des conseils sur un fond de doute constant. Entre ses quatre planches de bois, la damnée se mordit la lèvre pour contenir toute sa rage...toute sa déception. Au fur et à mesure, le religieux brassait de l'air mais la Sade ne l'écoutait plus depuis un moment. Il n'avait pas respecter son choix. Elle l'avait pourtant demandé:

Citation :
Ecoutez-moi à titre de confesseur et ne jugez pas en tant qu'homme. Je confesse à Dieu et non, l'Homme. Je vous prie d'en tenir rigueur, mon père.

Mais non! Non, l'Homme se croit plus malin, il pense pouvoir sauver les siens mais dans l'esprit de la Névrosée, il ne savait que détruire. Une fois que le père ait fini de tourner en rond, la Sade soupira, lassée, avant de se justifier:

Mon père...Sachez que ce sont des hommes et des femmes de votre statut qui m'ont donné gout à cette souffrance. Des représentants de Notre Père qui pensaient chasser le Sans-Nom... Ils n'ont que provoquer mon addiction pour ce mal et attiser ma haine envers le genre humain. Si le Créateur peut pardonner à ces hommes leur méfaits, je ne puis leur excuser ma décadence. J'ai beau être aveugle, je sens les reliefs de leurs actes sur ma chair. J'ai encore le dos courbé devant les Hommes et les maux de ma souvenance. Je loue le Très-Haut de m'avoir ôter la vue avant que je ne puisse mettre un visage sur ces Monstres. Ils sont la cause de tant de peine, de tant de doutes, de tant de rage! Ils sont les seuls responsables de ma perdition...Alors si ce n'est pas moi qui pèche, ce sont eux, mon père.

Candice avait toujours été convaincue de son innocence, elle était consciente qu'elle n'avait rien fait pour mériter cela mais le premier défaut des victimes est de culpabiliser. La brunette n'apprécia pas la réponse du confesseur car il la poussait vers son objectif premier: la vengeance. Si la dévote avait choisit le chemin de la Sainte Inquisition, ce n'était pas en vain. La jeune soeur savait qu'ainsi elle pourrait punir les bourreaux de son enfance mais elle comprenait aussi que ce n'était pas à elle de le faire, qu'elle n'avait pas le droit de les juger. En ce cas, que faire? Tenter de soigner cette névrose et de pardonner au reste du commun des mortels les torts qu'il n'a pas commis. Silencieusement, Nemesis rumina ses pensées un court instant avant de rectifier:

Mes "pratiques", comme vous dites, ne sont pas signes de mort et de destruction. Elles sont purifiantes et salvatrices. Si Dieu a crée cette sensation c'est pour que l'Homme en fasse usage, non? Et puisqu'il ne peut sévir, elle est donc présente pour guérir. La douleur est un signe d'auto-défense de notre corps, mon père. Quand vous approchez un danger, votre chair le perçoit et vous fait signe, désagréablement, que vous courrez à votre perte ainsi vous fuyez. Mais pourtant, c'est lorsque cette souffrance s'empare de votre enveloppe charnelle que vous comprenez ce qu'il se passe, que vous vous sentez vivant...

Mes "pratiques" sont simplement signes de vie, la douleur est la preuve que je suis bien là. Les autres sensations sont trop superficielles et nous doutons toujours de leur perception alors que la souffrance mon père, nous la ressentons pleinement dans tout notre être! Notre corps et notre âme s'agitent et nous font prendre conscience de notre existence...Parfois, la douleur engourdit notre esprit jusqu'à perdre connaissance car elle est si intense, si réelle que notre âme veut s'en extirper...Nous nous réveillons quelques instants plus tard en ayant l'impression de nous être sauver de l'Enfer et nous bénissons le Tout-Puissant de cette résurrection...

Mes "pratiques" sont signes de renaissance, mon père...


La jeune fille parlait avec tant d'émotions, convaincue corps et âme que ses actes étaient approuvés par le Seigneur. Le confesseur l'avait dit lui-même:

Citation :
Car il n'est dit nulle part -à ma connaissance- que votre comportement soit contre les Volonté du Très Haut.

Après ce long monologue fiévreux, la damnée se sentait libérée d'un poids, soulagée de n'être que la poupée de Dieu. Dans le fond, la dévote apprécia grandement les paroles du père car finalement, elle n'avait pas tant péché que ça... La brunette vivait selon les Volontés du Divin, elle n'avait juste que les péchés de chair à expier. Cependant, la deuxième solution du religieux intéressait tout de même la jouvencelle qui demanda:

Pensez-vous que les Saintes-Ecritures pourraient m'apaiser comme le fait la douleur? Peut-être pourraient-elles me bercer, me guider quand mon esprit faiblit comme le faisait mes prières lors de mes...

Assise dans le confessionnal, la Sade se glaça, prenant conscience de ses dires. La souffrance actuelle n'égalait certainement pas la torture du passé. Elle était maintenant consentie et salvatrice pas comme l'antécédente qui lui fut imposé et qui la tua. Si Candice avait fuit la provence, avait changer de nom, c'est qu'elle était morte sous les assauts divers et répétés de l'Homme. Ces supplices moururent en même temps que son innocence laissant place à une autre vie, un autre calvaire. Nemesis ne pouvait pas comparer l'Incomparable et elle s'empressa de la clamer à haute voix:

Non...Non, ce n'est pas possible...

Sa voix était voilé de remords. Si elle s'était déjà brisée à force de prier le Très-Haut de la sauver des griffes de l'Homme, elle ne s'époumonerait pas par simple désir. Si maintenant, la damnée se complaisait dans la douleur, c'est pour se prouver personnellement que si Candice était morte, La Sade subsistait... Les Monstres l'avait accoutumé à la douleur car c'est par elle qu'ils l'avaient détruite. "Tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière"*. Nemesis naquit de la douleur et survivra dans la douleur. C'était le seule moyen de se convaincre de son existence et arrêter serait se mourir: la damnée ne veut pas guérir car c'est dans la souffrance qu'elle puise sa force.

A quoi pourrait me servir cette lecture? Le savoir, je l'accumule déjà en vivant...

*Genèse, chapitre 3 verset 19

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Mer 22 Fév 2012 - 22:49

Savoie pouvait lire la déception de Candice dans ces paroles. Il avait failli, pensait-il. Pourtant, il avait tout mis en oeuvre pour ne pas le faire. Il avait écouter au mieux les enseignements de son mentor, en terme de confession, à savoir le regretté frère Girtan. Il se rappelait ces paroles, sur la question:

Girtan a écrit:
Ouvert, Magnanime, empreint de compassion, le confesseur se doit d'être juste et loyal dans son analyse du degré de la faute, pour ne pas tomber dans l'excès ! N'oublions pas en définitive, que le confesseur n'est pas "le juge", mais il doit écouter à la fois les péchés confessés, mais aussi son coeur(*), c'est là le travail délicat du confesseur car il doit passer les paroles de son vis à vis, par le "tamis" de son Coeur(1). La compassion doit être un guide, et l'enthousiasme le moteur, quant à la proposition des sanctions demandées en absolution des fautes avouées, elle sera appréciée selon le degré de sincérité du repentir...

Il avait fait le mieux qu'il pouvait. Mais...

Peut-être n'était-elle pas prête à entendre tout ça. Du moins, il ne pouvait que rejeter la faute sur lui. Peut-être, même n'avait-elle pas compris ce qu'il voulait dire? Peut-être, en fait, s'était-il simplement mal exprimé?

Il avait tenté de ne pas juger. Mais elle même se trouvait, dans cette histoire, dans une autre dimension que la sienne. Peut-être n'avait-il pas réussit à franchir le mur. Ce qui était important, quand même, pour donner une opinion la plus objective possible, tout en restant dans l'écoute...

Mais de se faire accuser d'être du côté des bourreaux lui faisait mal au coeur... Cela dit, c'était parfois le revers de la médaille. Oui, tout vertueux tentait-il d'être, il demeurait membre de son église. Représentant d'elle même. Et il acceptait cela, aussi.


Citation :
Alors si ce n'est pas moi qui pèche, ce sont eux, mon père.

Euh... oui, nulle doute.

En fait... Commençait-elle à comprendre se qui se passait? Qu'ils avaient réussit à la faire se sentir coupable, alors qu'il n'en était rien?


Citation :
Si Dieu a crée cette sensation c'est pour que l'Homme en fasse usage, non?

Il ne fallait peut-être pas commencer par là, peut-être. Oui, tout était création divine. Mais le Sans Nom lui aussi. Certaines choses était là pour tenter l'homme. Leurs rôles étaient de tenter l'homme afin qu'il apprenne à le rebuter. Et à tomber dans la vertu. Mais lui dire cela, à ce moment, aurait été mal choisi.

Vous dites:"Nous nous réveillons quelques instants plus tard en ayant l'impression de nous être sauver de l'Enfer et nous bénissons le Tout-Puissant de cette résurrection...".

Je ne puis certes pas partager, mais je puis comprendre. Non, je ne crois pas que vous ayez péché. Et oui, je crois qu'ils l'ont fait. Je crois comprendre, d'ailleurs, que c'est pour éviter que cela ne se reproduise que vous êtes venu frapper à notre porte. Mais en disant cela, je m'éloigne du rôle que vous m'avez demandé de remplir.

Cela dit, .vous me posez une question. "A quoi pourrait me servir cette lecture? Le savoir, je l'accumule déjà en vivant..."

A canaliser.

Votre soif de vérité. De savoir. D'expérimentation.

Je ne me base stupidement que sur une seule vertu que nous a expliqué Aristote. La tempérance. L'étude est une activité modérée. Elle est forcément bonne. Et, je pense, adéquate pour vous.

Vous m'avez demandé d'être votre confesseur. J'essais de l'être au meilleur de moi-même. Je vous écoute. Vous offre ce que je pense puisse vous être salutaire.

Je dirais: de la modération. Vous avez vécu le monde d'un extrême. Vous vivez aujourd'hui dans un autre. Je pense que vous avez besoin d'un juste milieu. Je pense que pour l'heure, vous vivez encore -de manière complètement opposée, soit, mais justement, de manière aussi opposée- dans un monde conséquent du premier.

Je vous propose donc un autre monde. Un monde différent. Le monde des autres.

Non pas pour vous sortir de vous. Seule vous pourrez le faire, si jamais vous le désiriez. Mais plutôt pour que vous y trouviez aussi du bon, à la hauteur du mal que vous ayez pu trouver jusqu'ici.

Vous m'avez demandé mon avis. Je vous l'offre au meilleurs de mes connaissances.

Et, le plus sincèrement du monde, j'aimerais que vous essayez ce que je vous propose. Et qu'à la fin de vos études, nous nous retrouvions. Afin d'avoir la même discussion. Et de voir en quelle mesure je peux -ou pas- avoir raison, dans ce que je vous propose.

Qu'en dites-vous? A moins que nous n'ayons pas fini, encore, en ce jour?

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Jeu 23 Fév 2012 - 19:31

Nemesis écouta le père qui semblait attristé de ses dires. La jeune fille n'était plus sa salvatrice, elle l'avait déçue mais à choisir entre la reconnaissance humaine aussi bonne soit-elle et celle de Dieu, le choix était vite fait pour la dévote. Pourtant cette dernière souffrait tout de même d'avoir dégrader sa propre image aux yeux d'un des rares hommes qui ne la considérait pas comme un simple bout de chair déshonoré, lieu de souillure.

Prise de sympathie pour ce religieux se décarcassant à la convaincre que le monde pouvait être beau et que ses habitants pouvaient être bon, qui eut, un instant, un brin d'espoir en elle. Pour celui-ci qui ne l'a pas juger, qui veut simplement la sauver. Alors pour cet homme, Candice voulut fermer les yeux sur ses paroles et croire en son utopie. Il avait tant fait pour elle, l'aveugle lui devait au moins bien cela, non? Au moins, la brunette aura le mérite d'avoir essayer...


Citation :
Qu'en dites-vous? A moins que nous n'ayons pas fini, encore, en ce jour?

Entre ces quatre planches qui maintenaient à l'abri du monde les péchés secrets de leurs semblables, la Sade hocha la tête. La damnée avait reprit sa voix naturelle douce et limpide, celle qui voilait tant de maux par les mots et déclara:

D'accord, mon père. Je tacherai de lire quand mes sombres envies resurgiront. Je ne vous promet pas de réussir mais au moins de persévérer. Mon savoir ne sera que meilleur après tout...Mais avant de clore ces confessions, puisque l'ascèse que j'applique ne semble pas reconnu aux yeux de Notre Père... Que dois-je exécuter pour mes péchés de chair?

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savoie
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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Lun 27 Fév 2012 - 10:25

Troublé par toute cette histoire, mais tentant au mieux d'accomplir son rôle de confesseur, il en était venu à l'oublier, du moins en partie...

"Ah oui, les péchés de chaire... Je les avait oublié, du coup".

Ils n'étaient ni plus, ni mois grave pour la rédemption de la jeune novice; mais au contraire des autres "péchés qui n'en étaient pas", ceux-ci étaient bannis par les textes. Il fallait donc bien y appliquer un repentir.

Savoie était convaincu qu'un péché, même si non écrit comme tel dans les textes, était à repentir, du moment où il tracassant le commettant. D'où la réponse qu'il avait fait à Candice. Mais qui plus est, lorsque cela était reproché par les écrits...

Ainsi, il lui fallait offrir à Candice une possibilité de se reprendre, devant le Très Haut.


Oui... J'avais oublié, entre tout ce que nous avons discuté. Mais vous avez raison.

D'abord, il va sans dire qu'ils ne devront plus être répété, n'est-ce pas?

Ensuite, votre réclusion en ces murs, je pense, vous y aidera. Va pour l'avenir. Quant au passé...

Je pense qu'il faille demander pardon au Très Haut en vertu des péché commis. Ceux de la chaire sont asser important. Mais vous seule pouvez en juger, du fait de votre implication dans ceux-ci, du plaisir que vous y avez trouvé, et du nombre de fois que cela c'est produit.

Ainsi, vous serez capable d'évaluer -vous avez toute ma confiance à ce sujet, je sait que vous excuser suffisamment devant le Très Haut vous est chose capitale- la longueur du repentir nécessaire.


Il s'arrêta alors d'un coup sec: il demandait, pour se genre de péché, aux commettants d'effectuer des pèlerinages. Ces longues marches solitaires étaient exigeantes, et du coup, lorsque la possibilité de commettre à nouveau un acte de chair se présentait, le pécheur y pensait par deux fois. Mais pouvait-il demander à Candice de marcher ainsi, seule, le long d'une route qu'elle ne connaissait pas? Cela semblait impossible...

Il devait donc y réfléchir plus en avant...

Alors, il eut une idée.


Voici ce que vous ferrez. Vous allez donner, pour ce que vous avez péché.

Vous savez, il n'existe pas de moyen pour que le fidèle, qui se retrouve seul, puisse communier pleinement avec le Très Haut. Vous allez leur donner. Je vous charge de créer, pour eux, un collier. Un collier avec disons une dizaine de pierre, de médaille, ou de je ne sais quoi que vous imaginerai, qui permettra au fidèle, en le touchant, d'avoir la possibilité d'exécuter une prière au Très Haut. Ainsi, vous aiderez les autres.

Combien de colliers devrez vous ainsi faire? Comme je vous le disait, c'est à vous d'évaluer la grosseur de votre péché, afin que le Très Haut vous entende comme il se doit.

Comprenez-vous bien ce que je vous demande, ce que vous aurez à faire?

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Dim 4 Mar 2012 - 15:36

La damnée fut assez surprise de la pénitence qui semblait dérisoire au prix du péché mais si le père le demandait, c'était certainement juste. De sa voix limpide, Nemesis acquiesça:

Bien, mon père..Je ferai autant de collier qu'il y a de fidèle démunis. Chacun de nous doit pouvoir communiquer avec Notre Père pour pouvoir le louer de sa bonté et implorer sa clémence...

A ce geste, la jeune fille se sentait très importante. Elle se percevait comme l'intermédiaire du Très-Haut et de ses enfants, le lien étroit qui relie l'Amour.

Candice se permit un court instant de réflexion pour récapituler cette séance au confessionnal: Pour les péchés de chair, il fallait réaliser des colliers permettant la communion entre le Créateur et Ses Créatures. Pour l'auto-mutilation, il fallait lire les Saintes-Ecritures pour pallier à l'envie. Pour la rédemption, il fallait revenir plus tard... Une fois, ses pensées mises au clair, la brunette s'exclama:


Je loue le Très-Haut de m'avoir écouté et guidé par votre voix, mon père. Je vous remercie de vous faire son messager pour le salut de mon âme. Je promet de purger ma pénitence jusqu'à la purification de mon âme avec ferveur et dévotion. Que Dieu vous garde, mon père...

Une fois avoir rendu grâce au Tout-Puissant et à son représentant, l'aveugle sortit à tâtons du confessionnal, déterminée à gagner le divin Pardon..jusqu'à la prochaine tentation...

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MessageSujet: Re: Confession interdite d'une maudite   Dim 4 Mar 2012 - 21:36

Que le Très Haut soit avec vous, ma soeur... Enfin, ma presque soeur...

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